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  Qui sont les voyageurs ? : Actualités

Nomades, gitans, voyageurs, itinérants, gens du voyage… sont autant de noms que donnent les non tsiganes - les gadgé - à des populations dont le voyage est la base de l’organisation sociale. En France, où l’on ne fait pas référence à l’origine ethnique, on a créé le statut juridique de "gens du voyage".

Voyage et famille, pierres angulaires des cultures et de l’organisation sociale

Le voyage
Le nomadisme est à la fois :
- fonctionnel : le voyage permet l’organisation sociale et rend possible l’exercice des métiers.
- structurel : le voyage autorise l’adaptabilité face aux pressions de l’extérieur.

L’objectivité du voyage (le fait de voyager) est à distinguer de la subjectivité du voyage (le fait de se sentir voyageur) et c’est bien cette subjectivité du voyage qui participe de la construction identitaire des gens du voyage. Un voyageur, même s’il ne voyage pas, reste nomade. Par opposition, le sédentaire c’est le gadjo, celui qui est attaché à la terre.

La pratique du voyage et la halte sont étroitement imbriquées ; pour beaucoup de familles de voyageurs, l’hiver correspond à la saison de halte et l’été à la période de voyage. L’été est également la période des pèlerinages et rassemblements religieux.

La famille
La famille prime sur l’individu. Pierre angulaire de l’organisation sociale, elle s’entend au sens le plus large (clan, lignage). Parents et fils mariés continuent souvent à cohabiter dans les mêmes espaces.

L’enfant constitue la véritable richesse d’une famille. Par ailleurs, les personnes âgées et les personnes handicapées sont respectées et prises en charge par la famille.

Cependant, à l’instar de l’évolution de la société globale, les communautés du voyage ne sont pas épargnées par la distension des liens familiaux et le développement de l’individualisme. Ce phénomène est accentué depuis plusieurs années par le contexte économique et la précarisation d’une grande partie des familles.


Un pas de plus vers la citoyenneté

En raison de leur mode de vie itinérant, les gens du voyage sont soumis à la loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans résidence ni domicile fixe (voir le bloc « Liens utiles »).

À ce titre, toute personne du voyage de plus de seize ans a l’obligation de posséder un titre de circulation qu’elle doit faire viser régulièrement par les autorités et être rattachée administrativement à une commune.

Le 5 octobre 2012, le Conseil constitutionnel a partiellement censuré cette loi et déclaré trois de ses dispositions contraires à la Constitution, parmi lesquelles celles qui imposaient aux personnes sans domicile ni résidence fixe, trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune, pour être inscrites sur les listes électorales. Désormais, elles peuvent s’inscrire sur les listes électorales de leur commune de rattachement, sans condition de délai.
Le carnet de circulation (titre délivré aux personnes sans ressources stables) a également été déclaré contraire à la Constitution, en raison de la différence de traitement liée à une condition de ressource qu’il représentait. Seuls subsistent dorénavant les livrets de circulation.

La règlementation concernant la délivrance de la carte nationale d’identité n’a pas été modifiée ; tout ressortissant français titulaire d’un livret de circulation peut se voir délivrer une carte nationale d’identité. Inversement, les gens du voyage titulaires d’une carte d’identité peuvent se voir délivrer un livret de circulation.

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